Cours du 19 mars

 

Les classes de mots (Les catégories)

 

Depuis l’Antiquité, on a pris l’habitude de classer les mots dans des catégories. Chaque catégorie (ou « espèce de mots ») porte une étiquette comme nom, adjectif, verbe

Mais un mot peut changer de catégorie, autrement dit de classe, suivant la manière dont il fonctionne dans une phrase ou dans un groupe.

Les catégories de mots

 

  1. Le nom : peut être précédé d’un déterminant pour former avec lui un groupe nominal (GN).

 

  1. L’adjectif : peut accompagner un nom déterminé et constituer avec lui un GN.

 

  1. Le déterminant : placé devant le nom, il s’accorde avec ce dernier en genre et en nombre ; forme avec le nom le GN.

 

  1. Le pronom : a pour rôle de remplacer un élément (mot, groupe ou phrase).

 

  1. Le verbe : peut être conjugué, donne ainsi des informations sur la personne, le nombre, le mode, le temps, l’aspect et la voix.

 

  1. L’adverbe : peut accompagner un adjectif, un verbe, un autre adverbe, une phrase pour en préciser le sens.

 

  1. Le mot de liaison : mot (ou groupe de mots) qui introduit des éléments ou qui les relie dans la phrase.

Font partie des mots de liaison :

         la préposition,

         la conjonction de subordination,

         la conjonction de coordination.

 

 

 

 

 

Pour une description claire des éléments de la phrase :

         Cherdon, C., Guide de Grammaire française, Bruxelles, De Boeck, 2005.

         Braun, A., Cabillaud, J.-F., Le français pour chacun, Waterloo, Plantyn, 2007.

 

 


Les classes de mots variables

 

 

1. Le nom              G.M.F. p. 167-178

 

 

Les fonctions du nom / du groupe nominal                      G.M.F. p. 147

 

sujet

complément circonstanciel

complément d’objet direct

complément d’objet indirect

attribut du sujet ou du COD

complément du nom

complément de l’adjectif

complément du présentatif ou du verbe impersonnel

apposition (GN apposé)                 G.M.F. p. 190

construction absolue détachée                G.M.F. p. 192                  

 

 

Les catégories de noms              G.M.F. p. 168

 

Nom propre / commun                                           

Nom comptable / non comptable

Nom animé / non animé

Nom abstrait / concret

 

 

 

 

Le genre des noms   G.M.F.  p. 172

 

 

 

 

Le nombre des noms   G.M.F. p. 173

 

 

 


 

 

2. Le pronom                          G.M.F. pp. 192-214

 

 

Les catégories de pronoms

 

Pronoms personnels                          G.M.F. p. 196

Pronoms possessifs                             G.M.F. p. 204

Pronoms démonstratifs                G.M.F. p. 205

Pronoms numéraux                           G.M.F. p. 210

Pronoms interrogatifs                       G.M.F. p. 207

Pronoms relatifs                  G.M.F. p. 208

Pronoms indéfinis                              G.M.F. p. 210

 

 

Formes conjointes et disjointes            G.M.F. p. 200

Formes réfléchies et non réfléchies                G.M.F. p. 202

 

 

 

Le problème de la référence            G.M.F. p. 194

 

 

Pronom représentant et pronom nominal                                             

 

Référence :                 déictique

                                anaphorique

                                cataphorique

                                par défaut


 

 

3. Le déterminant            G.M.F. p. 151

                              

 

Les catégories de déterminants            G.M.F. p. 151

 

 

Déterminants articles

(article défini, article indéfini, article partitif)                G.M.F. pp. 154, 159, 161       

Déterminants démonstratifs                G.M.F. p. 156

Déterminants possessifs                G.M.F. p. 157

Déterminants numéraux                G.M.F. p. 160

Déterminants indéfinis                              G.M.F. p. 161

Déterminant « tel »                 G.M.F. p. 162

Déterminants négatifs                                G.M.F. p. 163

Déterminants interrogatifs                G.M.F. p. 163

Déterminants relatifs                  G.M.F. p. 163

Déterminants exclamatifs                G.M.F. p. 163

 

 

Emploi générique ou spécifique (pour les articles défini et indéfini)                                                                                                G.M.F. pp. 154, 159, 161

 


4. L’adjectif

 

Les catégories d’adjectifs            G.M.F. p. 355

 

L’adjectif qualificatif

L’adjectif possessif

L’adjectif numéral

L’adjectif indéfini

 

Les fonctions de l’adjectif                                        

 

Epithète

épithète détachée

attribut du sujet

attribut du COD

 

 

Le genre et le nombre des adjectifs            G.M.F. p. 358

 

 

 

Les degrés d’intensité                        G.M.F. p. 362

               

 

Intensité faible (préfixes et adverbes) : sous-employé

Intensité moyenne (adverbes) : presque vide

Intensité élevée (préfixes et suffixes, adverbes) : hypersensible

 

 

Les degrés de comparaison                G.M.F. p. 364

 

Comparatif de supériorité : plus intelligent que

Comparatif d’égalité : aussi intelligent que

Comparatif d’infériorité : moins intelligent que

 

Superlatif relatif de supériorité : le plus intelligent

Superlatif relatif d’infériorité : le moins intelligent

 

Superlatif absolu : très intelligent


 

 

Les classes de mots invariables

 

 

1. La préposition   G.M.F. pp. 369-373

 

 

2. La conjonction de coordination             G.M.F. pp. 525-527

 

 

3. La conjonction de subordination            G.M.F.  pp. 474-478

 

 

 

4. L’ adverbe            G.M.F. pp. 375-383

 

Formes et formations de l’adverbe

Exceptions à l’invariabilité

Les degrés de l’adverbe

               

 

 


Dans cet extrait d’un ouvrage d’Alain Rey, identifiez les types de jonctions de phrases et les subordonnées.

 

 

En 1647, paraît un volume qui, entre le sentiment encore flottant des usages qui était celui du début du XVIIe siècle, et l’élan de standardisation et de normativité qui caractérisera la fin du siècle, va jouer un rôle décisif : les Remarques sur la langue française de Vaugelas.

Claude Favre de Vaugelas était né en Bresse en 1585 d’une famille de jurisconsultes. Tôt monté à Paris, il fut associé à la création de l’Académie, dont il fut l’un des premiers membres et, son goût pour les « observations »de langage étant déjà notoire, on avait pensé à lui pour la rédaction du dictionnaire. Il devait s’occuper des mots d’usage courant, le poète Saint-Amant se chargeant des termes « grotesques » et « burlesques ». Toutefois, il mourut tôt (1660), et son successeur au dictionnaire, le spécialiste de l’orthographe Mézeray, n’eut pas l’énergie suffisante pour faire avancer la publication avant sa propre mort (1683). La vie de Vaugelas est assez romanesque. Le sort voulut que, fin connaisseur du langage, il fût précepteur de deux enfants handicapés, dont l’un était muet. Il fréquenta beaucoup les salons, notamment l’Hôtel de Rambouillet, le cercle le plus mondain de l’époque. A la fin de sa vie, il fut acculé à une telle détresse financière qu’il eut recours à des procédés assez extravagants pour se rétablir. Il eut d’abord l’idée de lancer une sorte de loterie, mais celle-ci ayant échoué, il finit par vendre certaines parties de son corps à la médecine. Pour autant, de l’avis général, il fut considéré de son vivant comme le maître de la langue française. De sa traduction de Quinte-Curce en français, parue en 1659, Voltaire dira que ce fut « le premier livre écrit purement ».

                A la Cour et à Paris, Vaugelas se trouvait évidemment en situation de ce qu’on appellerait aujourd’hui une « insécurité linguistique ». Il avait beau être lettré : lui manquait « l’usage », essentiellement l’usage oral – en fait, une norme sociale – pour se faire accepter dans la bonne société. Il fut fasciné par la focalisation qui peut parfois se réaliser autour de certains mots, de certaines tournures, qui attirent à eux un monde de représentations, d’élégance, de prestige. Il entreprit d’en faire des listes, et de se constituer ainsi des manières de « fiches » conçues autour d’un point de détail, dans lesquelles se trouveraient recensées et discutées toutes sortes d’exemples pris dans la conversation et au hasard des lectures. Ce travail, de toute évidence, s’apparentait à celui qui préside à la rédaction d’un dictionnaire, et, dans la préface des Remarques, il s’excuse presque de faire paraître ce qui pouvait ressembler à l’un des projets non encore aboutis de l’Académie.

                La lecture des Remarques peut se révéler aujourd’hui assez déconcertante : on y voit Vaugelas se demander successivement s’il faut dire et écrire lors ou alors, s’il faut construire deux relatifs dans la même phrase, s’il faut dire pluriels ou pluriers, etc. , le tout sans aucun esprit de système. Au XXe siècle, deux reproches essentiels lui ont été adressés. Celui de ne tenir aucun compte de la dimension historique, tout d’abord, ce qui le conduit à considérer le présent de sa langue d’une manière tant soit peu arbitraire ; celui de ne jamais théoriser, ensuite. Il est bien évident que la méthode de Vaugelas manque de conceptualisation et d’effort de rationalisation. En réalité, les Remarques se présentent explicitement comme une sorte d’enregistrement « en vrac » de toutes les particularités de l’usage dont on débattait à ce moment. Dans sa préface, Vaugelas revendique ce caractère désordonné, qui différencie l’ouvrage des grammaires scholastiques et d’enseignement. Il cherche à faire en sorte que son livre se présente comme le travail que n’importe quel observateur aurait pu faire sur ce qu’il lit et entend autour de lui. Il crée ainsi un espace de dialogue avec ses lecteurs – c’est ce qui fit d’ailleurs son succès – dans lequel ceux-ci sont invités pour ainsi dire à contribuer à l’entreprise générale.

                L’une des grandes originalités de Vaugelas fut sans aucun doute la place décisive qu’il accorde à l’oral. Il y a reconnu cette dynamique, cette force, qui donne l’impression qu’on perfectionne le langage en le faisant circuler entre les interlocuteurs. Pour lui, si le français est plus riche et plus beau que les autres langues (préjugé ordinaire à l’époque !), c’est « à cause de la conversation et de la communication des beaux esprits, qui est plus grande en France qu’ailleurs, même avec les femmes ». Vaugelas s’appuie sur l’essor, dans la première moitié du siècle, de tout ce qui est échange, sociabilité, « honnêteté », « monde »… En cela – au sens où il ne s’appuie pas sur les savoirs constitués – il est « moderne ». Il n’est pas exagéré de dire que son regard sur la variation en fait un ancêtre de ce qu’on appelle aujourd’hui la « sociolinguistique ». Vaugelas était véritablement passionné par la physionomie des formes de langage qui tout d’un coup apparaissent dans un espace donné, se disent, puis se voient reconnaître une légitimité. En même temps, il cherchait à faire le tri de ce qu’il appelait les « meilleures » façons de parler, guidé par une idée de la pureté, du « discours pur », qu’il reprenait à certains discours latins, Quintilien, par exemple. Contre les grammairiens, qui ont le tort de vouloir raisonner sur tout, et imposer telle forme plutôt que telle autre pour d’obscures raisons spéculatives, Vaugelas défend l’idée que les langues ne bougent que mues par l’ « usage ». L’usage « maître et tyran des langues », dit-il. D’ailleurs, il n’envisageait pas lui-même que son travail conserverait de la pertinence passés vingt ou trente ans, tant il a conscience qu’en matière de langage, tout se déplace sans cesse.

Rey, A., Mille ans de langue française, Paris,

Perrin, 2007, pp. 677-679.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :